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Roussan Camille
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                            LE  MARCHE VALIERES

Le marché Valières, après la citadelle Laferrière et le palais National, le plus connu et le plus photographié de nos monuments et, déjà franchit le cap de son centenaire.  Age vénérable qui ne lui a rien ôté de son utilité ni diminué l’attraction qu’exerce son architecture et sa foule coloree d’achateurs, de vendeurs et de manutentionnaires.  De fait, depuis son inauguration,  le 22 Novembre 1891, il abrite entre ses colonnes et sous ses voutes métalliques le spectacle haut en couleurs de ses éventaires chargés d’articles  et de marchandises de toutes sortes autour desquels tournoie en un incessant ballet, tout un monde affairé, gouailleur et bon enfant. 

En regardant cette oeuvre d’art et d’utilité publique, on éprouve le besoin imperieux d’en connaitre et d’en parcourir l’histoire.  Celle-ci débute, à tout Seigneur, tout Honneur, sur l’Homme d’Etat progressiste qui en conçut  le projet. Voulant doter Port-au-Prince d’un lieu public le petit commerce salubre, le Président Lysuis Félicité Salomon Jeune plaça, en 1887, commande chez Baudet, Domond et Cie, constructeurs parisiens d’un marché métallique moderne selon les normes de l’époque.  Salomon n’eut, cependant pas le bonheur d’en recevoir livraison car ce n’est qu’en 1890 sous le Gouvernement de Flovil Hyppolite que débarquèrent en Haiti les structures en fer de l’ouvrage.  Marbial (surnom du Président Hyppolite) chargea l’ingenieur Alexandre Bobo, père du célèbre homme politique Rosalvo Bobo, d’en assurer le montage.

Les travaux durèrent 18 mois d’Avril 1890 à Octobre 1891.  La chronique de l’époque rapporte que Etienne Mathon, alors magistrat Communal demanda aux fabricants de graver  sur la plaque d ‘identification le nom de Florvil Hyppolite au lieu de celui de Lysuis Salomon.  Le peuple ne se laissa pas piéger par ce délit de paternité et, malicieusement, comme pour départager les prétendants, baptisa le nouveau marché, Marché de Vallières du nom du Chevalier Louis Florent de Vallières, Gouverneur de l’ancienne colonie de Saint Domingue, qui avait fait ériger en ce lieu du bord de mer Port-au-Princien, une place et une fontaine publique.

Il est aussi un autre nom sous lequel le populaire désigne ce movement.  On dit couramment chez nous que l’on va au marche-en-bas, cette appellation provient du fait que fonctionnait autrefois sur la Place de l’Indépendance devant l’ancienne Cathédrale

Du marché en plein  air dit Marche-en-bas.  En prenant comme ligne de référence le littoral, ces dénomination familières se justifiaient.  Et, bien que le Marché Vallières garde son nom de Marché-en-bas.

            L”inauguration, le 22 Novembre 1891, revêtit l’ampleur des évênements de dimension nationale.  Une foule considérable entourait les 150 parrains et marraines choisis dans toutes les couches de la population.  La cérémonie débuta par des prières de remerciement au Très Haut et de bénédictions chantées  et dites par des membres de clergé Catholique.  Une longue histoire commençait intimement liée á la vie Port-au-Princienne.

            Le marché Vallières est l’un des centres les plus animés de la capitale.  Le tourbillon incessant d’acheteurs et de vendeurs qui marchandent, papopent, s’invectivent et se congratulent á l’haitienne y  entretient un volume d’affaires beaucoup plus considérable qu’il ne parait á première vue. La verdeur de language et la gouialle de ses madam’ sara est proverbiale.  Témoin privilégié des hauts et bas de notre économie, le Maché-en-bas recèle aussi des souvenirs d’un autre ordre tels ces fameux”couri”. Qui préludaient aux troubles de notre passé agité.

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(Texte édité)

Roussan Camille naît le 27 Août 1012 à Jacmel, Haiti. Son enfance se déroule donc sous l’occupation américaine d’Haïti. C’est dans sa ville natale qu’il boucle ses études élémentaires et débute son second cycle au Lycée Pinchinat avant d’aller à Port-au-Prince l’achever à l’Institut Tippenhauer et au Lycée Pétion.

Roussan Camille débute sa vie professionnelle à la rédaction du journal de Charles Moravia, Le Temps. Talentueux journaliste, il est nommé rédacteur en chef d’Haïti Journal, quotidien du chef d’Etat Sténio Vincent (1930 - 1941).

A 24 ans, Camille visite l’Europe où il observe, et les réceptions fastes des bourgeois et les conditions difficiles du petit peuple. Il rentre en Haiti en 1940, non sans une escale obligée, en temps de guerre, à Casablanca, ville inspiratrice de “Nadje” dans son premier recueil, Assaut à la nuit, publié en Haïti, à compte d’auteur.La guerre terminée, Roussan Camille reprend son travail de journaliste. Il voyage en Europe, et aux Etats-Unis où il est invité à couvrir les séances des Nations-Unies à San Francisco et les Conseils de Mairie, dont le City Hall de New York du maire Fiorella La Guardia.

La mort inattendue (après une cure d’amaigrissement) de Simone Vaillant, sa première épouse, belle Port-au-Princienne, complice et amatrice de poésie, afflige le poète. Dumarsais Estimé, élu président du pays en 1946, le nomme secrétaire général de l’Exposition Iinternationale dans le cadre des festivités marquant le bicentenaire de la ville de Port-au-Prince en 1949.Estimé renversé, Camille passera un bref séjour en prison. Mais, Paul Eugène Magloire, président (1950-1956) ira marchander son concours quand il s’agira d’organiser les activités du sesquicentenaire de l’indépendance haïtienne en 1954.

Camille convole en deuxième noce avec Laura Trouillot. Le couple aura deux enfants, Jean et Fedora. Bel homme, doux et intelligent, Camille aime la vie nocturne, sociale et animée, les beaux habits et les belles voitures. Il meurt à Port-au-Prince, le 7 Décembre 1961, à 49 ans, “victime de ses excès,” selon Berrou et Pradel. En hommage à cet “ homme de la foule qui ne se défend pas d’être de la foule” et au poète du combat, Mario L. Delatour réalise en 2002 le documentaire : 40 ans après…Roussan Camille.

Et tous les jours à Port-au-Prince, de jeunes élèves rentrent étudier au Collège Roussan Camille. 

Oeuvres principales:

Assaut à la nuit ( 1940 )

Soutiers Nègres / Nadje et Heures inachevées / Gerbes pour deux amis ( 1945)

La multiple présence, derniers poêmes

Mensonge / Et je t’avoue encore / Pleure sur mon tombeau /  et maman. Conjonction (Spécial Jacmel)

Tiré de: L’emmergence” Octobre/Novembre 2005 Volume 10

 

 

 

 

 
 

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