Ou Irez-vous Danser ce Soir ?

Intro par :

Jacques Camille :

Notre nouvelle approche, en tant que groupement culturel, vise à orienter  l’Haïtien vers sa propre découverte, à la lumière de notre vision de culture sans frontière. Autant dire que nous sommes conscients de notre devoir à  divulguer une information qui engage nos artistes à explorer la source de notre richesse culturelle.

Combien sont-ils de nos musiciens et artistes qui connaissent l’histoire du célèbre musicien Occilius Jeanty, l’homme qui exerça une influence enrichissante sur l’évolution de l’art musical dans notre société ?

Nos musiciens font quotidiennement vibrer les boites de nuit. Un dernier sondage vient confirmer que le genre Compas est le plus populaire dans les milieux haïtiens, mais la musique haïtienne se réduit-elle au compas ?   

Histoire :

GALERIE DE CELEBRITES HAITIENNES

                                       Un talent musical du xix siecle: Occilius Jeanty

 L’ombre glorieuse d’Occide Jeanty a quelque peu relegue dans l’indifference le souvenir du tout aussi remarquable musicien que fut son pere: Occilius Jeanty. Ce dernier a en effet, joue un role preponderant dans l’histoire de la musique haitienne, et Haiti-Trait-D’Union et MACAYA se font aujourd’hui le grand plaisir de rendre un homage merite a cet talentieux, instrumentiste et maestro, qui exerca une influence enrichissante sur l’evolution de l’art musical haitien.

Ne a Port-au-Prince, Occilius Jeanty commence ses etudes classiques d’abord a l’ecole Wesleyenne du Pasteur Bird et les acheve au vieux Lycee National aujourd’hui lycee Petion. Il s’y distingue par son gout de la precision mathematique, ce qui le facilite dans son initiation a la musique. La tradition rapporte que ce fut Franklin Carpenter, flutiste repute de l’epoque, qui, le premier lui mis une flute entre les mains.

 L’eclat du temps d’apprentissage merite qu’on s’y arrête. Le jeune homme fait raisonner la maison familiale et le quartier de magniques effets, a telle ensegne qu’un voisin prestigieux et influent, le barin AIME frappe par sa vituosite le fait chercher un beau matin et le recoit dans sa residence. L’entretien, rapporte-t-on, se deroule sur ce ton: “ Mon cher vous jouez bien la flute, vous etes deja un maitre””.

 Faiblement baron, j’aurais pu donner advantage, mais faute de professeurs, mon jeu reste stationnaire.

Impossible repliqua le baron, vous pourriez jouer mieux”.

A cette époque, Occilius Jenty gagne sa vie, en dispensant des cours de mathematiques au lycee National. En vain le jeune musicien tente-t-il de se soustraire aux sollicitations pressantes du baron pretextant de ses obligations d’enseignement, le voila le dimanche suivant paradant en qualite de fifre de grenadiers de la garde de Sa Majeste Imperiale Faustin 1er .

Il va tres vite attirer l’attention de la protection de ses hierarchiques, notamment du General Fabre Nicolas Geffrard, Chef  d’Etat Major de l’Empereur. On ne pouvait en effet ne pas etre seduit en ecoutant le fiffre Jeanty marier sa flute aux tambours du casse diane, (marche militaire de l’epoque). A la parade, son brio faisait vibrer tout le charme de ses airs du terroir. Soulouque le reconpensa  en le faisant caporal.

Occilius Jeanty l’est encore lorsque le movement revolutionnaire du 22 Novembre 1858 porte, le 1er Janvier 1859, le general Geffrard au pourvoir..

Le nouveau president qui avait pour devise “ La civilisation par la musique”  resolut de former un corps musical attaché a la presidence. Il en confia la direction au francais Minard, grand prix du conservatoire de paris, envoye en Haiti par Beaubrun Ardrouin, Ministre Plenipotentiaire pres du gouvernement francais.

Parmi les activites de ce corps, figurait un cours de musique. Petion Pierre Andre en etait le repetiteur. Y apportaient leur collaboration Rutz Spinosa et Ferrieres, violonistes reputes. Toute une pleiade de jeunes le frequentaient, y compris bien sur Occilius Jeanty, passionnement desireux de parfaire sa formation. A la meme époque debarquait en Haiti Achille Auraux, 2eme Prix du conservatoire de Toulouse, qui, après un bref sejour a Jacmel, se fixa a Port-au-Prince et se vit confier la direction effective de l’ecole de musique.

Mais malheureusement, le gouvernement de Nissage Saget dissout la musique du palais pour des motifs obscures probablement inspires de la politique. En depit de ce contretemps, Occilius Jeanty occupe une chaire de musique au lycee National et conserve son titre de flutiste a la fanfare de la garde. Apres l’effacement de Saget, c’est-a-dire sous la presidence de Michel Domingue, Jeanty prend l’initiative de reconstituer l’orchestre en rassemblant un noyau d’amis talentueux et enthousiastes. Cet orchestre prete son concours gracieux et empresse, pour animer les ceremonies et fetes officielles aussi bien que privees.

L’avenement de boisron Canal (le 17 Juillet 1876), coincide avec un tournant significatif dans la vie de d’Occilius Jeanty. En effet, son jeune fils Occide, qui a evidemment grandi dans le culte de la musique, ouvre un cours modeste de solfege. Le pere, encourage par les resultats positives de l’initiative, fonde une Ecole Centrale de Musique destine non seulement a soutenir les efforts notoires de son fils, mais encore a stimuler l’epanouissement de tout en essaim de jeunes assoiffes de connaissances musicales academiques. Ils vont beneficier du fonctionnement serieux de l’institution et former et former une pleiade de musiciens de valeurs dont quelques uns sont parvenus jusqu’a nous: Charles Fontin (qui fut organiste a la cathedrale de Por-au-Prince), Theramenes Meines, les freres Scott,  Felix Aime, etc.. Son influence et son rayonnement vont provoquer un evenement marquant dans la carriere d’Occilius Jeanty, la renaissance de la musique du Palais: l’ancien fiffre des grenadiers de la garde en deviant le chef official par commisission signee du president Canal, Ritz Spinosa ayant quitte definitivement le pays. Il fera connaitre des heures de joie intense au public et sera l’objet de maints encouragements des pourvoirs publics.

Plus tard, Occilius Jeanty eut la satisfaction de voir se realiser l’un de ses reves les plus chers: le President Lysius Salomon accordait une bourse d’etudes musicales en France a son fils Occide. On s’imagine aisement ce que dut representer pour cet homme qui avait su acceder au destin des grands maitres de la musique, la certitude d’etre continue a travers son fils. La mort le surprit le 2 Novembre 1882, tandis que sans se laisser il se depensait pour multiplier les success de l’orchestre du Palais. Il fut generalement pleure.

                   

 

next

 

 

 
 

Copyright © 2008 Macaya.org. All rights reserved. Designed by nyberndy